Après une première étape prometteuse, le Paprec Sailing Team a terminé neuvième ce week-end, à Puerto Calero (Lanzarote). Une prestation « en demi-teinte », qu’un chiffre suffit toutefois à relativiser : 11 points séparent la deuxième de la neuvième place. Sur un circuit aussi resserré, la dernière manche a en effet tout changé : « Avec une bonne dernière manche, on faisait presque podium, reconnaît Yoann. C'est toute la difficulté de ce circuit : se maintenir au top niveau, tout le temps. »
Les deux manches remportées dans la semaine rappellent néanmoins que le potentiel est bien là, malgré un plan d'eau compliqué et un vent difficile à lire, qui aura mis tout le monde en difficulté, les équipes les plus aguerries comprises. La régularité, réelle clé du succès de ces 52 SUPER SERIES, restera la priorité numéro une pour l’équipage, en attendant la dernière étape du circuit à Valence, en octobre prochain.
Savoir trouver sa place
Sur le pont, Yoann a continué de peaufiner son rôle de navigateur. Un poste qui ne s'improvise pas, dans une catégorie où les réflexes de la navigation au large laissent place à une autre forme d'exigence : livrer la bonne information, au bon moment, au tacticien Loïck Peyron, afin de lui offrir une vision claire des choix disponibles. Et ainsi, l'aider à trancher. « Ce n'est pas un rôle évident, il faut trouver sa place, trouver les mots » confesse Yoann.
D’autant que la semaine a offert un moment inattendu, lorsque Loïck s'est blessé en pleine régate et que Yoann a dû prendre les rênes de la tactique. Une expérience révélatrice, qui confirme que les automatismes de la régate sont toujours là chez le coureur au large : « Ça m'a permis de prendre le jeu en main. C'était très sympa, très agréable. J'en ai été éloigné quelque temps, mais l'appétence est toujours là. Les décisions rapides, aux bouées, où tout se gagne ou se perd en quelques secondes… J’ai vite retrouvé mes marques ! » Cette deuxième parenthèse en équipage aura donc de nouveau porté ses fruits, l’objectif du skipper demeurant de rester affûté.
Ce que le skipper IMOCA tirera de l’équipier en TP52
Au-delà du bilan sportif, cette campagne TP52 revêt aussi une autre dimension dans la préparation de Yoann à sa reprise de la compétition en IMOCA. Entre deux régates, le skipper affine en effet certains outils d'analyse : vitesse, choix stratégiques, prise de risque, qualité des transitions… « Je m'éclate à ça en ce moment, confie-t-il. D’autant que certains de ces outils sont directement transposables à notre pratique de l’IMOCA.»
Un gain en enseignements particulièrement précieux donc, avec le calendrier qui s’accélère, et la mise à l’eau de son nouveau bateau dans un peu plus de 6 mois. « La capacité d'analyser rapidement les performances est cruciale : chaque sortie génère une analyse, chaque analyse génère une réflexion, et chaque réflexion permet d’améliorer le bateau. »
Prochaine et dernière étape à Valence, début octobre, avant d’entamer la dernière ligne droite de la construction du futur IMOCA Paprec. Le Vendée Globe 2028 se conçoit déjà, une décision à la fois.
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