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Alors que l’IMOCA Paprec continue de prendre forme, Yoann Richomme poursuit sa préparation au prochain Vendée Globe en se frottant à toute sorte de compétitions. Après avoir disputé une grande partie de la saison Figaro, il s’initie depuis juillet au TP52 sur le circuit des 52 Super Series, où le Paprec Sailing Team fait figure d’acteur historique. À quelques jours de la dernière épreuve du championnat, retour sur une expérience fructueuse à plus d’un titre, où le skipper tire le plus d’enseignements possibles de ces navigations multi-supports.

Au sein du Team Paprec, les années passent, les défis se renouvellent et le niveau d’exigence reste toujours aussi élevé. Pourtant, un aspect ne change pas chez Yoann Richomme : son incroyable enthousiasme à propos de la nouveauté. Il y a un an, il embarquait toute l’équipe sur un tour d’Europe, The Ocean Race Europe, avec pour motivation de découvrir de nouveaux endroits, de nouveaux ports et des terrains de jeu où il n’avait encore jamais navigué. Un an plus tard, alors que son nouvel IMOCA Paprec est en cours de fabrication, le skipper a décidé de continuer à multiplier les expériences nautiques, en s’initiant notamment au TP52 pendant l’été. 

« J’ai la chance que Jean-Luc Petithuguenin, le fondateur de Paprec, soit un fan absolu de voile et a créé une équipe qui évolue sur le championnat Super Series de TP52 depuis une quinzaine d’années, explique-t-il. Découvrir cette série, c’était dans un coin de ma tête depuis longtemps, et là, le calendrier le permettait. » En attendant la mise à l’eau du futur IMOCA Paprec, Jean-Charles Monnet, directeur technique du projet et membre de l’équipe Paprec de TP52, a en effet proposé à Yoann de le remplacer au cours des trois dernières manches de la saison 2026 : « Je trouve ça génial qu’il puisse apporter sa vision, son expérience et son savoir-faire au service de l’équipage. »

Des régates spectaculaires et une intense décharge d’énergieMi-juillet, le skipper Paprec débarquait donc à Lanzarote (Espagne) pour la troisième manche de la saison. Il rencontre alors les douze autres équipiers du bateau et tous ceux qui s’attachent au bon fonctionnement du projet. Parmi eux, Loïck Peyron, qui fait office de guide avec sa verve et sa bonhomie habituelles. « C’est une série qui existe depuis plus de 20 ans, d’abord née du Pacifique avant de s’installer en Méditerranée, explique-t-il. Il s’agit de bateaux de propriétaires de 16 mètres, quasiment tous monotypes. Il n’y a pas de foil et peu d’électronique, il faut des équipiers musclés pour gérer les winchs ! » Les concurrents s’opposent lors de régates spectaculaires d’une heure et demie maximum. À bord, des habitués de la Coupe de l’America, des champions olympiques, soit « quelques kilos de médailles sur les pontons », s’amuse Loïck. Les régates sont spectaculaires, les bateaux naviguent à touche-touche et la décharge d’énergie est des plus intenses. 

« Les bateaux accélèrent très vite et il y a peu d’espace sur des parcours très techniques », a quant à lui apprécié Yoann Richomme. À bord, la répartition des tâches est bien délimitée. Il y a un tacticien (Loïck Peyron), un navigateur (Yoann), un barreur (Cédric Château) et des équipiers en charge de la grand-voile, du génois, des voiles, du mât, des winchs… « Mon rôle, c’est de donner des indications par rapport à la météo et au positionnement sur le plan d’eau, précise Yoann. Il faut se décider très rapidement, en quelques secondes, pour anticiper les manœuvres. » 

« Être sur le qui-vive, incisif et ne négliger aucun détail  »

Des prises de décision rapides, de la régate au contact… Pour le skipper de l’IMOCA Paprec, « ce sont des aspects qui me manquaient ces derniers mois. Ça oblige à être sur le qui-vive, à être incisif et à ne négliger aucun détail. » Il a fallu néanmoins un petit temps d’adaptation pour celui qui est davantage habitué à la navigation hauturière en solitaire. « Quand tu fais du solo, tu n’as pas à être bon partout mais tu ne dois être mauvais nulle part, s’amuse Loïck Peyron. Ici, il faut apprendre à ne pas interférer avec les autres, à ne se focaliser que sur son poste… Quand j’ai commencé, j’avais la mauvaise habitude de vouloir tirer sur les boots alors qu’il y a une personne qui est dédiée à ça. »

Mais Yoann apprend vite, d’autant qu’il apprécie la navigation en équipage. « Ce qui est génial, c’est qu’il faut prendre des décisions en quelques fractions de secondes avec le tacticien et le barreur, confie-t-il. C’est important de parler le même langage ». Surtout, cela permet de développer un savoir-faire, propre à la régate au contact, qui peut aussi servir en course au large : « Même si les prises de décision sont à plus long terme en course au large, il faut rester à l’affût parce qu’il y a toujours des gains à trouver ». 

« Des sources d’inspiration » pour l’IMOCA 

D’un point de vue technique, « il y a clairement des aspects qui sont transposables » souligne le skipper. « Il a découvert des détails qui l’ont poussé à faire légèrement évoluer la configuration du plan de pont de son futur IMOCA, révèle Loïck Peyron. C’est comme si un pilote du Dakar venait en F1 : il trouvera forcément des sources d’inspiration ou des petites choses à modifier. » 

Au-delà de la technique, Yoann ne cache pas son plaisir d’avoir découvert l’univers de la série : « On sent la dynamique insufflée par Jean-Luc Petithuguenin avec beaucoup de respect, de la camaraderie et l’envie de tout donner ». Un état d’esprit qui a porté ses fruits : l’équipage Paprec a en effet remporté la première épreuve à Lanzarote, et s’est imposé lors de deux manches à l’occasion de la troisième confrontation de la saison. 

« C’est une chance inouïe d’arriver à ce moment-là et de contribuer à mon échelle à la performance de l’équipage, sourit Yoann. En plus, le scénario était complètement fou puisque tout s’est joué à la dernière manche ! » « Yoann a su s’adapter et il a rapidement trouvé ses marques, se réjouit Loïck Peyron. On voit qu’il a un regard de champion, qu’il essaie constamment de donner le meilleur en permanence. Il a une maturité et une sérénité impressionnantes dans la façon d’appréhender la compétition. Et on sent qu’il a un profond respect pour ses équipiers, ses adversaires et pour le sport en général. » 

L’équipe du TP52 Paprec ne lui a pas encore dit « au revoir » : Yoann sera de nouveau à leurs côtés lors de la dernière manche, du 2 au 11 octobre prochain à Valence. Pour une nouvelle victoire ? Affaire à suivre ! 

 

 

260701 - Paprec - Lanzarote - Training session TP52 Paprec - PAPREC ¬©Julien Champolion - polaRYSE © ¬Julien Champolion - polaRYSE / Copyrighted For editorial uses only. contact@polaryse.com