Solide 4e de la première étape, 6e et déçu lors de la deuxième, et finalement 7e sur la troisième et dernière manche après avoir longtemps animé le trio de tete, Martin Le Pape aura fait preuve d’une belle régularité et d’un mental d’acier tout au long de ses 11 jours et quelques heures de course (en cumulé). Lancé à pleine vitesse au moment de franchir la ligne d’arrivée au Havre ce jeudi soir, son monocoque Paprec à la limite du contrôlable, Martin Le Pape célébrait la fin de son retour sur le support dans la nuit noire et des conditions encore bien musclées. Des images qui témoignent de la dureté des éléments que la flotte a affrontés sur la dernière portion du parcours, théâtre de plusieurs abandons en une seule nuit, dont l’échouage du leader Tom Dolan, grand malheureux de cette 57e édition, remportée au final par Nicolas Lunven, qui entre dans le cercle très fermé des triples vainqueurs de l’épreuve.
« L’étape la plus dure de ma vie »
Toujours dans le coup, parfois légèrement en retard au démarrage, Martin Le Pape n’aura pourtant jamais démérité. Pas toujours récompensé dans les derniers milles, il aura réalisé de très belles remontées, qui lui auront permis de décrocher d’abord le Trophée Suzuki de la combativité sur la première étape, puis le Trophée Windchaser by Bollé Watersports sur cette dernière manche, pour son impressionnante remontée de 26 places entre le parcours côtier et la marque de sprint intermédiaire. De combativité et d’acharnement, Martin n’en aura effectivement pas manqué, lui qui n’avait plus fait de solitaire depuis 18 mois et qui a affronté l’étape la plus difficile de ses 9 participations.
« C’était l’étape la plus dure de ma vie, je suis content d’arriver ! Lâchait-il en arrivant au ponton, le visage marqué, les yeux rougis et le corps visiblement éprouvé, mais le sourire aux lèvres, heureux d'en avoir terminé. J’ai assez vite retrouvé mes automatismes, mais il m’a forcément manqué du travail, après un an et demi sans faire de solo. Il m’a forcément manqué quelques petites choses pour faire mieux, mais je suis très satisfait du travail accompli avec l’équipe. »
« Un résultat collectif »
Parti sans pression, à peine plus d’une semaine après s’être vu proposer la barre du Figaro Paprec, Martin retiendra surtout de longues heures de navigation plaisir, un superbe match aux avant-postes avec la tête de flotte et un résultat qui reste le meilleur de son palmarès, ex-aequo avec sa performance sur l’édition 2024. « Yoann est pour beaucoup dans ce résultat, tient-il également à souligner. C’est un résultat collectif : le bateau était prêt, l’équipe rodée, j’ai été très bien accompagné, c’était facile pour moi. Je suis content d’avoir honoré le sponsor et rempli le cahier des charges. Quand on m’a appelé pour me proposer de remplacer Yoann, j’aurais tout de suite signé pour ce résultat. J’ai laissé la Solitaire sur une 6e place, je reviens sur une 6e place. C’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas ! »
Si le skipper ne pouvait cacher une certaine frustration, convaincu qu’il avait « possibilité de faire encore mieux », le résultat demeure remarquable, compte tenu du niveau de cette flotte 2026 et des circonstances dans lesquelles Martin prenait les commandes, le 8 mai dernier. « On nous aurait dit qu’il ferait 6e au général, on aurait signé tout de suite, le félicitait d’ailleurs Yoann Richomme à son passage de ligne. Nous sommes hyper fiers et hyper satisfaits de ce qu’il a réalisé et de lui avoir permis de faire cette Solitaire à ma place. » Bravo Martin !