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Dix jours avant le départ de la Solitaire du Figaro Paprec, enjeu sportif majeur de la saison du Team Paprec, en plein chantier du futur IMOCA Paprec, l’équipe a dû s’adapter au forfait de Yoann Richomme pour blessure. Avec Martin Le Pape pour le remplacer, toute l’équipe s’est activée afin de mettre son nouveau skipper dans les meilleures dispositions possibles. Tant en matière de technique, de logistique, d’administratif et de communication, l’ensemble des intervenants ont fait preuve d’un sacré sens de l’adaptation.  Plongez dans les coulisses du Team Paprec dans leur gestion de ce changement de skipper en un temps record, comme une répétition avant leur retour sur le circuit IMOCA, dans moins d’un an.

Parce qu’ils sont passionnés de course au large, parce qu’ils savent que la mer concentre toujours des imprévus, tous connaissent, au sein de l’équipe Paprec, la capacité d’adaptation nécessaire à leur activité.  « Dans nos métiers, ce qui est essentiel, c’est d’être capable de gérer l’inattendu, assure Hugo Le Pomellec, adjoint au Team Manager. Et ce qu’on a vécu, ce n’était pas vraiment prévu dans nos scénarios de gestion de crise ». « En évoluant depuis plusieurs années dans le circuit IMOCA, nous savons qu’il faut toujours être vigilant et en alerte », poursuit Aurélia Mouraud, responsable communication de l’équipe. Isabelle Delaune, l’attachée de presse, abonde : « On sait tous qu’il faut toujours s’adapter en course au large. Là, c’est collectivement que l’équipe a su vite rebondir. » 

Une mécanique collective en un temps record

La mécanique s’est mise en place dès que le choix a été pris de remplacer Yoann, touché aux côtes après le Trophée BPGO, par son co-skipper Martin Le Pape. Une décision déjà collective, prise en concertation avec Yoann, les médecins mais aussi avec Sébastien Petithuguenin, Vice-Président du Groupe Paprec. Dix jours avant le départ, jeudi 7 mai, Romain Ménard, directeur général du Team, appelait ainsi Martin Le Pape pour lui proposer de relever le challenge. 

Rapidement, les organisateurs et la direction de la course sont mis au courant. « Yoann était un des axes de communication forts de la course, c’était important qu’ils puissent être au courant rapidement, précise Hugo. Mais ils ont été très compréhensifs. » Tout reste alors à faire : il faut acter la décision sportivement, veiller à mettre à jours les détails administratifs, et s’assurer que tous les supports de communication soient adaptés. En parallèle, l’équipe technique s’active également. Alexandre Derrien, préparateur du Figaro Paprec depuis le début de la saison, doit s’employer pour mettre le bateau « à la main » de Martin. Le fait que le skipper ait participé au début de saison (Trophée Laura Vergne, Spi Ouest-France, Trophée BPGO) est un avantage certain. « Je ne débarque pas de nulle part, confiait Martin à l’annonce de la décision. Je connais les visages de l’équipe, son mode de fonctionnement, ça aide à être prêt. » Techniquement, des adaptations ont été réalisées, comme l’explique Alexandre : « Les deux skippers n’ont pas les mêmes besoins ni les mêmes habitudes. Il y a donc des petits détails qu’il a fallu changer, notamment en matière de réglages de voile ou d’aménagements à bord. » Dans l’urgence et dans un temps imparti, il faut donc penser à tout, même au petit sticker au nom du skipper sur le roof du bateau, ou à tous les visuels de communication qu’il faut renommer. 

Avitaillement, vêtements, visuels… : ne rien oublier 

En matière de logistique, aussi, l’équipe a dû s’adapter. L’avitaillement est en partie repensé afin de respecter le régime alimentaire de Martin, tandis que des vêtements à sa taille sont préparés. En parallèle, les logements sont modifiés afin que la famille puisse être logée aux arrivées de Pornichet et du Havre. Côté communication, toute la cellule est également mobilisée. Un communiqué de presse est envoyé afin de diffuser l’information dès le lundi 11 mai, trois jours après que l’équipe a été mise dans la confidence. Ensuite, il a fallu « repositionner le narratif » et s’interroger sur la façon de raconter ce nouveau challenge. 

« La Solitaire du Figaro Paprec faisait partie intégrante du projet de Yoann en vue du Vendée Globe 2028, au moment de la construction de son IMOCA, rappelle Aurélia. Avec Martin, on se devait de raconter une autre histoire, et montrer que la force du projet résidait aussi dans la capacité de l’équipe à rebondir quand les circonstances l’exigent ». Rapidement, une banque image est réalisée afin de mettre à jour les différents visuels liés à la course et afin de pouvoir alimenter les réseaux sociaux et le site pendant la course. De nouveaux posters, de nouvelles cartes de dédicaces et de nouveaux éléments des dossiers de presse sont édités. « Il y a toute une série de petites tâches qu’on a vite répertoriées au fur et à mesure, pour réussir à tout mener à bien, sans ne rien oublier, souligne Aurélia. Et si ça a bien fonctionné, c’est aussi parce que nos prestataires, qui sont des partenaires de confiance, savent être réactifs quand il le faut ». Et l’équipe communication de s’attacher, aussi, à « apprendre à connaître la personnalité de Martin afin d’adapter notre récit » et « lui permettre de s’imprégner de nos outils et protocoles de communication ». 

En charge des relations presse, Isabelle Delaune a ainsi veillé à « raconter une histoire différente ». « Martin a été très professionnel dans toutes ses prises de parole », précise-t-elle, elle qui a aussi pu compter sur Yoann Richomme, qui est resté particulièrement impliqué. Le deuxième du dernier Vendée Globe a ainsi partagé son expertise au journal Le Figaro et est régulièrement intervenu dans Ouest-France. Le skipper a par ailleurs accompagné Martin dans sa préparation de la météo et est resté à ses côtés jusqu’au moment du grand départ. « L’implication de Yoann a été totale, exemplaire et ça a insufflé une dynamique très positive », assure Hugo Le Pomellec. 

À l’arrivée, après trois étapes d’une incroyable intensité, Martin égale sa meilleure performance sur la Solitaire du Figaro (6e) et, dans ses confidences d’après-course, s’est dit très reconnaissant envers Paprec. « Toute cette saison, j’ai découvert une véritable équipe, assure-t-il. J’ai été agréablement surpris par leur professionnalisme, la fluidité des échanges et leur faculté à tout optimiser ». Yoann Richomme ne dit pas autre chose : « Je trouve ça admirable que l’équipe n’ait pas été déstabilisée par mon forfait, ça illustre notre capacité à rebondir en toutes circonstances ». Et le skipper de conclure, sourires aux lèvres : « Paprec est une grande équipe et ce challenge l’a de nouveau démontré ». 

 

Départ Martin Le Pape Solitaire du Figaro Paprec - étape 2 - Vigo © Julien Champolion / PolaRYSE / Team Paprec