Premier parti des pontons de Perros-Guirec ce matin, à 8h01 tapantes, Martin Le Pape avait des fourmis dans les bottes. Sous grand soleil et ciel de traîne, dans le froid mordant d’un mois de mai où le vent du nord dicte encore les saisons, le skipper du Figaro Paprec prenait le départ de sa 9e Solitaire du Figaro Paprec dans des conditions presque idéales, tant météorologiques que psychologiques. Il est « prêt et capable de réaliser une belle Solitaire à condition de naviguer libéré et sans pression » déclarait Yoann Richomme, solide soutien à terre.
Bénéficiant d’une position au vent de la flotte sur un départ “à l’anglaise”, par vent de travers, Martin profitait d’un vent frais pour glisser sous gennaker jusqu'au large de la pointe du Squewel. 12e à la bouée de dégagement, le marin jouait alors la prudence au moment d’aborder le passage de la bouée Paprec, où la meute de Figaristes s’était donné rendez-vous, dans 3 à 4 nœuds de courant contraire venu compliquer la manœuvre.
C’est désormais parti pour un long bord de près dans un flux d’ouest-nord-ouest instable, jusqu’à Wolf Rock, dernière marque de passage avant de plonger vers le sud. Cette première étape de 610 milles jusqu’à Vigo, au nord de l’Espagne, s’annonce déjà des plus exigeantes en termes de rythme et de stratégie, pour une 57e édition au dénouement qui s’annonce particulièrement indécis !